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Vendredi 13 novembre 2009

Le 9 Novembre en Allemagne, et pour l’Europe a une signification toute particulière. On pense actuellement au 9 Novembre comme la date de la chute du mur de Berlin qui a permis l’Est et l’Ouest de se retrouver sachant que cet évènement a entrainé l’effondrement du bloc de l’Est. En fait il y a trois « 9 Novembre ». Il y a le 9 Novembre 1918, le 9 Novembre 1938 et le 9 Novembre 1989.

 

En Allemagne le 9 Novembre 1918 c’est l’abdication de Guillaume II. Celle-ci a pour conséquence l’avènement de la République de Weimar. Elle se caractérise par son pouvoir démocratique et une séparation des pouvoirs horizontale (judiciaire, législatif et exécutif) et une séparation des pouvoirs verticale (Etat fédéral, Etats fédérés). Mais comme Aristote le pensait en son temps le pouvoir des masses peut être peut être mue par la vertu autant que par de mauvaises intentions. C’est également la coalition de Weimar (Sozialistische Partei Deutschland-Parti Socialiste Allemand, Zentrum- Centre Catholique, et Deutsche Demokraten- Démocrates Allemands proches des radicaux français) , les rédacteurs et la groupe au pouvoir après l’adoption de la constitution, qui signa le traité de Versailles en Juin 1919 considéré comme un Diktat par le peuple allemand.

 

En Allemagne le 9 Novembre 1938 c’est la « nuit de Cristal ». Dans la nuit du 9 au 10 Novembre les nazis se lancèrent dans des pogroms qui sont dans la continuité des lois de Nuremberg qui firent des Juifs des citoyens de seconde zone. La date est symbolique car les Nazis voulaient soi-disant expier la faute de la signature de Versailles, qui résulte, selon la pensée de Hitler, de la démocratie et des Juifs. La prise de pouvoir légale des nazis résulte de la faiblesse de la démocratie de l’époque. En 20 ans l’Allemagne passe d’une République proclamant à ses origines des valeurs universelles à un totalitarisme niant tout principe d’humanisme, et cela légalement…

 

En Allemagne le 9 Novembre 1989 c’est la chute du mur de Berlin. « Wir sind das Volk », Nous sommes le peuple lit-on sur les photos des manifestations précédents l’ouverture du mur. La volonté populaire et le sentiment d’unité d’un peuple aura été plus fort qu’un mur. Cela donne pour preuve que la pensée est bien plus forte qu’un rocher. Il résulte de ce moment historique la réunification très rapide de l’Allemagne, cette fois-ci dans une démocratie solidement encrée.

 

En fait en réponse à l’immense espoir que les fondateurs de Weimar plaçait dans le régime, il y eut le totalitarisme. Ce totalitarisme qui eut pour réponse après sa chute la division de l’Europe. Finalement les valeurs de la République de Weimar auront traversé le temps et ont su s’épanouir, tardivement certes, mais ce dernier 9 Novembre montre que la raison humaine l’emporte car celle-ci se ressaisi. De plus elle ouvre sur une perspective nouvelle, un nouveau message celle de l’union des démocraties d’Europe, l’unification ou la réunification de l’Europe (c’est selon) comme le souhaitait au XIX° et au XX° siècle déjà Saint-Simon, Mazzini, Hugo, Stresemann, Briand …

 

Les 20 ans du 9 Novembre 1989 nous placent à nouveau en perspective avec notre avenir. Dans une Europe en crise, avec un euroscepticisme galopant, il nous est posé la question de l’union ou de la désunion. Les peuples européens se côtoient et s’apprécient de plus en plus, allons-nous tomber dans la bêtise de nous séparer encore une fois ?

Par Victor
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Mardi 27 octobre 2009

L’Education Populaire et les "patois"

Il y a un an, dans le loisir d’esprit de nos vacances parlementaires, j’avais discuté la thèse de ceux qui croient pouvoir ressusciter en France une civilisation méridionale autonome et faire de la langue et de la littérature du Languedoc et de la France un grand instrument de culture. J’avais établi, je crois, qu’il y a là une grande part de chimère, que la langue et la littérature de la France étaient désormais et seraient de plus en plus pour tous les Français le moyen essentiel de civilisation, qu’au demeurant l’entreprise méridionale n’avait pas le caractère « populaire » et spontané qu’on affectait d’y voir ; qu’elle était pour une large part l’œuvre préméditée de bourgeois cultivés, pénétrés des lettres classiques, et qui avaient retrouvé et ranimé, par érudition autant que par inspiration des sources longtemps endormies ; j’ajouterai qu’au demeurant la création littéraire de ces hommes était souvent raffinée, plus large et virgilienne, mais de forte tradition païenne avec Fourès ; amoureuse, vivante, et passionnée mais de tour et de souvenir hellénique chez Aubanel ; et que seuls ceux qui connaissaient les grands chemins battus du Parnasse et de l’Olympe pouvaient goûter tout le charme de ces sentiers sinueux de la poésie méridionale qui courent en feston le long des grandes routes glorieuses.

Mais je disais aussi avec une force de conviction qui ne fait que s’accroître que ce mouvement du génie méridional pouvait être utilisé pour la culture du peuple du Midi. Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos écoles connaissent et parlent encore ce que l’on appelle d’un nom grossier « le patois ». Ce ne serait pas négliger le français : ce serait le mieux apprendre, au contraire, que de le comparer familièrement dans son vocabulaire, sa syntaxe, dans ses moyens d’expression, avec le languedocien et le provençal. Ce serait, pour le peuple de la France du Midi, le sujet de l’étude linguistique la plus vivante, la plus familière, la plus féconde pour l’esprit.

Par là serait exercée cette faculté de comparaison et de raisonnement, cette habitude de saisir entre deux objets voisins, les ressemblances et les différences, qui est le fond même de l’intelligence. Par là aussi, le peuple de notre France méridionale connaît un sentiment plus direct, plus intime, plus profond de nos origines latines. Même sans apprendre le latin, ils seraient conduits, par la comparaison systématique du français et du languedocien ou du provençal, à entrevoir, à reconnaître le fonds commun de latinité d’où émanent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi. Des siècles d’histoire s’éclaireraient en lui et, penché sur cet abîme, il entendrait le murmure lointain des sources profondes.

Et tout ce qui donne de la profondeur à la vie est un grand bien. Aussi, le sens du mystère qui est pour une grande part le sens de la poésie, s’éveille dans l’âme. Et elle reçoit une double et grandiose leçon de tradition et de révolution, puisqu’elle a, dans cette chose si prodigieuse et si familière à la fois qu’est le langage, la révélation que tout subsiste et que tout se transforme. Le parler de Rome a disparu, mais il demeure jusque dans le patois de nos paysans comme si leurs pauvres chaumières étaient bâties avec les pierres des palais romains.

Du même coup, ce qu’on appelle « le patois », est relevé et comme magnifié. Il serait facile aux éducateurs, aux maîtres de nos écoles de montrer comment, aux XIIe et XIIIe siècles, le dialecte du Midi était un noble langage de courtoisie, de poésie et d’art ; comment il a perdu le gouvernement des esprits par la primauté politique de la France du Nord, mais que de merveilleuses ressources subsistent en lui. Il est un des rameaux de cet arbre magnifique qui couvre de ses feuilles bruissantes l’Europe du soleil, l’Italie, l’Espagne, le Portugal. Quiconque connaîtrait bien notre languedocien et serait averti par quelques exemples de ses particularités phonétiques qui le distinguent de l’italien, de l’espagnol, du catalan, du portugais, serait en état d’apprendre très vite une de ces langues.

Et même si on ne les apprend pas, en effet, c’est un agrandissement d’horizon de sentir cette fraternité du langage avec les peuples latins. Elle est bien plus visible et sensible dans nos dialectes du Midi que dans la langue française, qui est une sœur aussi pour les autres langues latines, mais une sœur un peu déguisée, une sœur « qui a fait le voyage de Paris ». L’Italie, l’Espagne, le Portugal s’animent pour de plus hauts destins, pour de magnifiques conquêtes de civilisation et de liberté. Quelle joie et quelle force pour notre France du Midi si, par une connaissance plus rationnelle et plus réfléchie de sa propre langue et par quelques comparaisons très simples avec le français d’une part, avec l’espagnol et le portugais d’autre part, elle sentait jusque dans son organisme la solidarité profonde de sa vie avec toute la civilisation latine !

Dans les quelques jours que j’ai passés à Lisbonne, il m’a semblé plus d’une fois, à entendre dans les rues les vifs propos, les joyeux appels du peuple, à lire les enseignes des boutiques, que je me promenais dans Toulouse qui serait restée une capitale, qui n’aurait pas subi, dans sa langue une déchéance historique et qui aurait gardé, sur le fronton de ses édifices, comme à la devanture de ses plus modestes boutiques, aux plus glorieuses comme aux plus humbles enseignes, ses mots d’autrefois, populaires et royaux. De se sentir en communication avec la beauté classique par les œuvres de ses poètes, de se sentir en communication par sa substance même avec les plus nobles langues des peuples latins, le langage de la France méridionale recevra un renouveau de fierté et de vie. Notre languedocien et notre provençal ne sont guère plus que des baies désertées, où ne passe plus le grand commerce du monde ; mais elles ouvrent sur la grande mer des langages et des races latines, sur cette « seigneurie bleue » dont parle le grand poète du Portugal.

Il faut apprendre aux enfants la facilité des passages et leur montrer par delà la barre un peu ensablée, toute l’ouverture de l’horizon.

J’aimerais bien que les instituteurs, dans leurs Congrès, mettent la question à l’étude.

C’est de Lisbonne que j’ai écrit ces lignes, au moment de partir pour un assez lointain voyage, où je retrouverai d’ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, le génie latin en plein épanouissement. C’est de la pointe de l’Europe latine que j’envoie à notre France du Midi cette pensée filiale, cet acte de foi en l’avenir, ces vœux de l’enrichissement de la France totale par une meilleure mise en œuvre des richesses du Midi latin.

Jean Jaurès « La Dépêche » - 15 août 1911

Méthode comparée

Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion d’admirer en pays basque, comment un antique langage, qu’on ne sait à quelle famille rattacher, avait disparu. Dans les rues de Saint-Jean-de-Luz on n’entendait guère parler que le basque, par la bourgeoisie comme par le peuple ; et c’était comme la familiarité d’un passé profond et mystérieux continué dans la vie de chaque jour. Par quel prodige cette langue si différente de toutes autres s’est-elle maintenue en ce coin de terre ?

Mais quand j’ai voulu me rendre compte de son mécanisme, je n’ai trouvé aucune indication. Pas une grammaire basque, pas un lexique basque dans Saint-Jean-de-Luz où il y a pourtant de bonnes librairies. Quand j’interrogeais les enfants basques, jouant sur la plage, ils avaient le plus grand plaisir à me nommer dans leur langue le ciel, la mer, le sable, les parties du corps humain, les objets familiers ! Mais ils n’avaient pas la moindre idée de sa structure, et quoique plusieurs d’entre eux fussent de bons élèves de nos écoles laïques, ils n’avaient jamais songé à appliquer au langage antique et original qu’ils parlaient dès l’enfance, les procédés d’analyse qu’ils sont habitués à appliquer à la langue française.

C’est évidemment que les maîtres ne les y avaient point invités. Pourquoi cela, et d’où vient ce délaissement ? Puisque ces enfants parlent deux langues, pourquoi ne pas leur apprendre à les comparer et à se rendre compte de l’une et de l’autre ? Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que ces comparaisons ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparation de l’intelligence. Et l’esprit devient plus sensible à la beauté d’une langue basque, par comparaison avec une autre langue il saisit mieux le caractère propre de chacun, l’originalité de sa syntaxe, la logique intérieure qui en commande toutes les parties et qui lui assure une sorte d’unité organique.

Ce qui est vrai du basque est vrai du breton. Ce serait une éducation de force et de souplesse pour les jeunes esprits ; ce serait aussi un chemin ouvert, un élargissement de l’horizon historique.

Mais comme cela est plus vrai encore et plus frappant pour nos langues méridionales, pour le limousin, le languedocien, le provençal ! Ce sont, comme le français, des langues d’origine latine, et il y aurait le plus grand intérêt à habituer l’esprit à saisir les ressemblances et les différences, à démêler par des exemples familiers les lois qui ont présidé à la formation de la langue française du Nord et de la langue française du Midi. Il y aurait pour les jeunes enfants, sous la direction de leurs maîtres, la joie de charmantes et perpétuelles découvertes. Ils auraient aussi un sentiment plus net, plus vif, de ce qu’a été le développement de la civilisation méridionale, et ils pourraient prendre goût à bien des œuvres charmantes du génie du Midi, si on prenait soin de les rajeunir un peu, de les rapprocher par de très légères modifications du provençal moderne et du languedocien moderne.

Même sans étudier le latin, les enfants verraient apparaître sous la langue française du Nord et sous celle du Midi, et dans la lumière même de la comparaison, le fonds commun de latinité, et les origines profondes de notre peuple de France s’éclaireraient ainsi, pour le peuple même, d’une pénétrante clarté. Amener les nations et les races à la pleine conscience d’elles-mêmes est une des plus hautes œuvres de civilisation qui puissent être tentées. De même que l’organisation collective de la production et de la propriété suppose une forte éducation des individus, tout un système de garanties des efforts individuels et des droits individuels, de même la réalisation de l’unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste Internationale de l’humanité, l’autonomie de leur conscience historique et l’originalité de leur génie.

J’ai été frappé de voir, au cours de mon voyage à travers les pays latins, que, en combinant le français et le languedocien, et par une certaine habitude des analogies, je comprenais en très peu de jours le portugais et l’espagnol. J’ai pu lire, comprendre et admirer au bout d’une semaine les grands poètes portugais. Dans les rues de Lisbonne, en entendant causer les passants, en lisant les enseignes, il me semblait être à Albi ou à Toulouse.

Si, par la comparaison du français et du languedocien, ou du provençal, les enfants du peuple, dans tout le Midi de la France, apprenaient à retrouver le même mot sous deux formes un peu différentes, ils auraient bientôt en main la clef qui leur ouvrirait, sans grands efforts, l’italien, le catalan, l’espagnol, le portugais. Et ils se sentiraient en harmonie naturelle, en communication aisée avec ce vaste monde des races latines, qui aujourd’hui, dans l’Europe méridionale et dans l’Amérique du Sud, développe tant de forces et d’audacieuses espérances. Pour l’expansion économique comme pour l’agrandissement intellectuel de la France du Midi, il y a là un problème de la plus haute importance, et sur lequel je me permets d’appeler l’attention des instituteurs.

Jean Jaurès "Revue de l’Enseignement Primaire" - 15 octobre 1911

Par Victor
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Mardi 20 octobre 2009

De Göjkler hett kenn Walt,

Er kannt numme d’Gejewalt.

 

In de Walt màcht er se làche,

In de Gejewalt düet er se üsslàche.

 

Er isch üss de Walt g’schlosse,

In de Gejewalt ing’schlosse.

 

In de Walt isch er e Besserwisser,

In de Gejewalt e Güetwisser.

 

D’Walt stellt’ne àss Narre vor,

D’Walt isch leider e Nàrreschààft ohne Ohr!

 

                               Victor Vogt

Par Victor
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Dimanche 27 septembre 2009

Cette réflexion m’a été fait par un ami communiste, l’amitié brise toujours toutes les frontières même politiques ! Je me dis qu’elle a peut-être du sens cette expression. Je pense qu’elle a même plus de sens dans cette période de crise économique, que certains qualifient crise du libéralisme. Finalement je me suis dis s’il y a une crise du libéralisme, pourquoi ne pas lire et relire les libéraux.

Vous allez me dire, mais quel est ce fieffé imbécile (j’entends moi-même) ? C’est à cette tâche que je me suis attelé cet été. Deux ouvrages ont brûlé mes doigts ! Le premier est celui de Pierre-Vincent Roux, Eloge de l’incertitude et du bonheur. Le second est de John Stuart Mill, philosophe utilitariste du XIX° siècle, De La Liberté. Quelles sont les leçons que je retiens de ces deux lectures ?

La première est qu’il faut revenir au postulat prométhéen le plus simple « l’Homme est la mesure de toute chose ». L’homme doit être placé au cœur des préoccupations, en ce sens la politique dans ses actions à court, moyen, et long termes doivent suivre cette voie. Car l’on résoudra les problèmes de chaque citoyen au lieu de régler les problèmes d’intérêts particuliers.

La seconde est que l’homme est faillible mais il est toujours perfectible ! En partant de ce constat chaque système humain est perfectible et que tous les Hommes doivent concourir à la perfectibilité, car parfois tous sont dans l’obscurité alors qu’il n’y en a qu’un seul qui permette de faire découvrir l’erreur. De fait chaque monade raisonnante permet à la société raisonnante de se resaisir.

En ce sens il y a un principe politique au sens de vie de la société, que la liberté politique prime la liberté économique. Si la liberté politique place l’Homme prométhéen et la raison au cœur de son projet, celle-ci est capable de pallier aux déficits de la liberté économique. Car il ne faut pas oublier que la liberté économique arrive très bien à s’entendre avec les Etats autoritaire.

La quatrième est que la liberté individuelle au sens de liberté de la conscience est la condition sine qua non à la société raisonnante. De fait la solution marxiste qui émet le postulat d’une société égalitaire sur la base d’une organisation scientifique, est impossible à réaliser, car elle nierait la différence entre les êtres humains. Nier ces différences reviendrait à faire disparaître la liberté individuelle et donc la possibilité des sociétés de se « resaisir ».

Finalement, ce n’est que la liberté qui est capable de créer ses propres régulations. Ce fieffé dingo vous dira, lire et relire les libéraux !

Par Victor
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Samedi 12 septembre 2009

Dans mon enfance beaucoup de gens avaient du jus de Pomme Cidou à la maison, mais maintenant il n’y en aura plus car l’usine va fermer. Je ressens une certaine tristesse et pense aux familles qui vont être touché par le chômage, car il y aura 73 emplois supprimés.

Mais plus encore à l’heure où l’on parle de développement durable, je voudrais dire qu’une usine de ce genre est durable si nous changeons nos circuits économiques. Il faut revenir aux circuits économiques courts pour les denrées alimentaires. Dans nos magasins nous avons des fruits qui viennent du sud de l’Europe et de l’Afrique du Nord et cela alors que dans nos vergers en Alsace du Nord sont remplis ! Mais il y a de moins en moins de monde pour les ramasser. La conséquence est qu’il y a chaque année des milliers de tonnes qui pourrissent aux pieds des arbres…

Cidou avait justement été créé pour donner des débouchés à ces fruits.

Malgré que les élus de notre territoire aient compris l’intérêt de s’engager en faveur des vergers, il y a notamment des cours de tailles mis en place dans le cadre de l’opération « vergers solidaires », les arbres fruitiers sont de moins en moins nombreux, la plupart sont arrachés.

Les politiques en faveur de nos vergers doivent continuer et s’amplifier, car à l’heure du développement durable cela serait une valeur ajoutée pour notre territoire. Il ne faut pas aller loin pour en saisir l’importance, dans le Palatinat (Pfalz) ou dans le Bade (Baden) il y a un certain nombre de coopératives fruitières qui font vivre plusieurs microrégions.

La disparitions de Cidou laisse derrière elle la disparition d’emplois qui touchent des familles et aussi la disparition d’un savoir-faire, et peut-être certaines de nos traditions.

Par Victor
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Lire est plaisrir

Sylvain Kahn, Géopolitique de l’Union européenne, Armand Colin, 2007, 128 p.

Ce livre traite de l'union européenne et des débats concernant son avenir. Il pose en fait les bases de toute les problématiques actuelles sur ce qu'est l'hybride que nous créons.

A lire absolument!

Résumé :

L’Union européenne est une expérience unique : des nations souveraines ont choisi de mutualiser une part de leurs prérogatives au sein d’une structure politique inédite. 
L’ouvrage présente l’histoire de ce projet géopolitique partagé puis analyse les visions nationales (française, britannique, allemande) qui en ont impulsé la réalisation. Il expose aussi les défis actuels majeurs : l’élargissement est-il une fuite en avant ? Quels rapports l’Union européenne entretient-elle avec le reste du monde ? 
Cette mise en perspective de la construction européenne satisfait aux attentes des étudiants de l’université, des IEP et des classes préparatoires ainsi que du citoyen éclairé. 

(c) Armand Colin

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