Le marxiste Althusser qualifiait l’école comme un « AIE », un appareil idéologique d’Etat. En Il a raison en un sens. L’école a été un des principaux moteurs d’identification du peuple à l’Etat. N’importe quel système politique basé sur le suffrage universel nécessite l’adhésion des électeurs qui sont les usagés de l’appareil d’Etat. Mais l’adhésion à un Etat ne se fait pas uniquement sur l’éducation, il se fait aussi par sa cohésion sociale, qui place l’Etat en protecteur. J’utilise ce rapport de l’adhésion populaire à un appareil politique, pour parler du sentiment d’appartenance à l’UE.
Il est d’abord remarquable avant de parler de l’adhésion populaire, qu’il y a une grande ignorance du fonctionnement de l’UE, d’où la nécessité de développer une pédagogie européenne pour ceux qui ne vont plus à l’école. Mais au sein du système scolaire, les institutions sont encore très peu expliquées. De fait l’Europe est une boite qui contient quelque chose que l’on ne comprend pas. Et comme un bébé avec un bâton il est simple de taper sur cette boîte. L’ignorance à ce niveau là évite les débats de fonds, ce qui nationalise les élections.
Ensuite dans certains pays on entend ça et là un appel au vote sanction. Cela est la preuve d’un dysfonctionnement de nos démocraties représentatives. Les élections européennes sont utilisées en France comme procédé de démocratie direct, une sorte d’exutoire populaire avec les grandes échéances nationales.
De fait, pour qu’un vrai débat transeuropéen existe il faut une Europe populaire, dans le sens où tout le peuple européen en devenir adhère aux institutions et y prenne part ! Comment rendre l’EU peut-elle devenir populaire ? Je reprendrais la phrase d’un ami socialiste : « l’Europe se fera au centre-gauche ». Je crois que cette phrase a tout son sens. L’Europe s’est construite sur des bases économiques avec pour principes la libre circulation des marchandises et la suppression des droits de douanes. Mais pour l’avènement d’une économie commune, deux critères doivent se greffer : la fiscalité et la question sociale. Le jour où l’Europe tendra à harmoniser la fiscalité, et le jour où l’Europe construira une convergence sociale, qui est difficile à la vue des différents systèmes nationaux, cette Europe sera populaire. Le jour où cette boite donnera le sentiment protecteur qu’on attend d’un Etat, l’identification et le débat suivra. Pour une Europe populaire, une Europe sociale est inévitable !
Ce livre traite de l'union européenne et des débats concernant son avenir. Il pose en fait les bases de toute les problématiques actuelles sur ce qu'est l'hybride que nous créons.
A lire absolument!
Résumé :
L’Union européenne est une expérience unique : des nations souveraines ont choisi de mutualiser une part de leurs prérogatives au sein d’une structure politique inédite.
L’ouvrage présente l’histoire de ce projet géopolitique partagé puis analyse les visions nationales (française, britannique, allemande) qui en ont impulsé la réalisation. Il expose aussi les
défis actuels majeurs : l’élargissement est-il une fuite en avant ? Quels rapports l’Union européenne entretient-elle avec le reste du monde ?
Cette mise en perspective de la construction européenne satisfait aux attentes des étudiants de l’université, des IEP et des classes préparatoires ainsi que du citoyen éclairé.
(c) Armand Colin
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